Cours Or

Emploi américain, dollar et Fed : l’or tente de sortir de quatre semaines de baisse

Thermomètre économique posé près d’un lingot d’or et d’un lingot d’argent pour illustrer l’impact de l’emploi américain, du dollar et de la Fed sur les métaux précieux

La semaine du 29 juin au 4 juillet 2026 a marqué un changement de ton sur le marché des métaux précieux. Après plusieurs semaines de pression liée au dollar fort, aux tensions autour de l’Iran et aux anticipations de hausse de taux, l’or a retrouvé un peu d’élan en fin de période grâce à un signal macroéconomique décisif : le ralentissement de l’emploi américain.

Le métal jaune a ainsi repris de la hauteur vendredi, porté par un dollar plus faible et par une réduction des paris sur une hausse rapide des taux de la Réserve fédérale américaine. Pour autant, le rebond reste fragile. L’or sort d’un mois de juin très difficile, marqué par une forte correction, une rupture technique importante et une pression persistante des rendements américains. Pour suivre cette évolution, le cours de l’or reste un indicateur central, mais il doit être interprété avec trois variables clés : emploi américain, dollar et politique monétaire.

Le fait marquant de la semaine est donc clair : ce n’est plus seulement le pétrole ou le Moyen-Orient qui ont guidé les métaux précieux, mais la question suivante : l’économie américaine ralentit-elle suffisamment pour freiner la Fed ?

À retenir cette semaine

  • L’or a rebondi vendredi après des chiffres d’emploi américain plus faibles que prévu.
  • Le dollar a reculé, soutenant mécaniquement les métaux précieux.
  • Les paris sur une hausse de taux en septembre ont diminué après les données d’emploi.
  • L’or a mis fin à quatre semaines consécutives de baisse.
  • Les banques centrales ont encore ajouté 41 tonnes d’or à leurs réserves en mai.
  • L’argent a également progressé, mais reste plus volatil que l’or.

Le début de semaine est resté dominé par l’Iran et le pétrole

La semaine a commencé dans un climat encore tendu. Les frappes iraniennes contre des sites militaires américains au Koweït et à Bahreïn ont ravivé les craintes d’une nouvelle escalade au Moyen-Orient. Le pétrole est reparti à la hausse, ce qui a immédiatement relancé les inquiétudes inflationnistes.

Dans un marché classique, ce type de tension aurait pu soutenir l’or comme valeur refuge. Mais depuis plusieurs mois, la mécanique est plus complexe. Lorsque le pétrole grimpe, les investisseurs anticipent davantage d’inflation. Et si l’inflation semble plus persistante, la Fed peut maintenir des taux élevés plus longtemps, voire envisager une nouvelle hausse.

Peter Grant, stratégiste chez Zaner Metals, a bien résumé cette lecture en expliquant que le marché reste attentif aux titres venant du Moyen-Orient, mais qu’il continue aussi de s’ajuster à une Fed plus restrictive.

Cette phrase illustre parfaitement la semaine : le risque géopolitique n’a pas disparu, mais il ne suffit plus à porter l’or. Il est désormais filtré par les marchés à travers ses conséquences sur l’énergie, l’inflation et les taux.

Juin a été un mois très difficile pour l’or

Le contexte de fin juin était lourd. L’or sortait d’un mois de baisse marqué par un recul de plus de 11 % et par l’une de ses plus mauvaises performances trimestrielles depuis plus d’une décennie. Cette correction s’explique par la combinaison de trois facteurs : une Fed plus ferme, un dollar plus solide et des anticipations de taux élevés.

Reuters rapporte que l’or avait touché fin juin son plus bas niveau depuis novembre, autour de 4 027 dollars l’once, après avoir glissé sous des seuils techniques importants. Cette faiblesse a changé le comportement de nombreux investisseurs tactiques.

Edward Meir, analyste chez Marex, a résumé l’état d’esprit du marché en expliquant que les investisseurs ne voyaient pas encore “beaucoup de lumière au bout du tunnel”. L’expression est forte, mais elle décrit bien cette phase : les marchés ne remettent pas nécessairement en cause le rôle de l’or à long terme, ils attendent simplement un signal plus clair pour revenir plus franchement.

C’est dans ce contexte que les chiffres de l’emploi américain ont pris une importance particulière.

L’emploi américain a changé la lecture de fin de semaine

Le véritable tournant est venu vendredi. Les créations d’emplois non agricoles aux États-Unis ont nettement déçu, avec seulement 57 000 emplois créés en juin, contre 110 000 attendus par les économistes interrogés par Reuters. Ce chiffre a immédiatement modifié les anticipations de politique monétaire.

Lorsque le marché de l’emploi ralentit, la Fed dispose de moins de marge pour durcir sa politique. Une banque centrale peut supporter des taux élevés tant que l’économie reste robuste. Mais si l’emploi commence à faiblir, le risque devient différent : trop de restriction monétaire pourrait aggraver le ralentissement.

C’est exactement ce que les marchés ont intégré. La probabilité d’une hausse de taux en septembre a reculé après la publication des chiffres. Le dollar a alors baissé, et l’or a profité de ce soulagement.

Han Tan, analyste chez Bybit cité par Reuters, a estimé que la réaction positive de l’or paraissait justifiée, car les marchés réduisaient leurs paris sur une hausse de taux prochaine.

C’est une évolution importante : après plusieurs semaines où la Fed pesait lourdement sur les métaux précieux, la première vraie fissure est venue de l’économie réelle.

Le dollar reste l’interrupteur de court terme

Le dollar a joué son rôle habituel d’interrupteur. Quand il montait en début de semaine, l’or restait sous pression. Quand il a reculé après les chiffres de l’emploi, le métal jaune a rebondi.

Ce mécanisme est essentiel à comprendre. L’or est coté en dollars sur les marchés internationaux. Quand le billet vert se renforce, il devient plus cher pour les acheteurs utilisant d’autres devises. Cela freine la demande internationale et limite les rebonds. À l’inverse, quand le dollar recule, l’or redevient plus accessible pour une partie des investisseurs mondiaux.

Cette semaine, le dollar s’est dirigé vers sa plus forte baisse hebdomadaire depuis avril après la publication des chiffres de l’emploi. Ce mouvement a donné de l’air aux métaux précieux.

Pour l’investisseur particulier, la lecture est simple : lorsque le dollar baisse et que les anticipations de taux se détendent, l’or peut retrouver rapidement du soutien, même après une phase de correction marquée.

L’argent rebondit aussi, mais reste plus nerveux

L’argent a également progressé en fin de semaine. Le cours de l’argent a bénéficié du même mouvement que l’or : dollar plus faible, baisse des anticipations de hausse de taux, amélioration du sentiment sur les métaux.

Mais l’argent reste un métal plus volatil. Il est à la fois un métal précieux et un métal industriel. Il réagit donc aux variables monétaires, comme l’or, mais aussi aux perspectives de croissance, d’électrification, de photovoltaïque et de demande industrielle.

Cette double nature explique pourquoi l’argent peut rebondir plus fortement que l’or dans les phases de détente, mais aussi corriger plus brutalement lorsque les investisseurs réduisent leur exposition aux actifs cycliques.

Cette semaine, l’argent a terminé sur une note plus positive, mais il reste dans un environnement fragile. Le marché attend encore une confirmation plus nette du côté du dollar, des taux et de la demande industrielle.

Les banques centrales restent un pilier de fond

Au-delà des mouvements hebdomadaires, un élément structurel reste important : les banques centrales continuent d’acheter de l’or. Selon les données du World Gold Council relayées par Reuters, elles ont ajouté 41 tonnes nettes à leurs réserves en mai.

Ce chiffre est particulièrement intéressant car il intervient dans une période de correction. Cela signifie que, malgré la volatilité du marché, l’or conserve son rôle d’actif de réserve pour les institutions monétaires.

Le World Gold Council rappelle également que les taux d’intérêt, l’inflation, les achats de banques centrales et le risque géopolitique restent les grandes variables qui influencent le prix de l’or. Son modèle montre notamment que les rendements américains jouent un rôle inverse sur le métal jaune : lorsque les taux baissent, l’or bénéficie généralement d’un soutien mécanique.

Ce point renforce la lecture de cette semaine. Si l’emploi américain continue de ralentir et si les rendements se détendent, l’or pourrait retrouver un environnement plus favorable. Mais si l’inflation repart ou si la Fed durcit encore son message, le rebond pourrait rester limité.

JPMorgan revoit ses prévisions, mais reste constructif à long terme

Autre fait important de la semaine : JPMorgan a abaissé ses prévisions de prix pour l’or en 2026. La banque anticipe désormais environ 4 300 dollars l’once au troisième trimestre et 4 500 dollars au quatrième trimestre, contre des attentes précédentes beaucoup plus élevées.

À première vue, cette révision peut sembler négative. Elle reflète bien la prudence actuelle des grandes institutions face à la demande plus faible que prévu, aux taux élevés et aux risques de hausse de taux supplémentaires.

Mais la lecture est plus nuancée. JPMorgan conserve une vision favorable à long terme, notamment grâce aux achats de banques centrales, à la demande physique et aux moteurs structurels d’accumulation. Autrement dit, la banque ne parle pas d’un effondrement du marché, mais d’une reprise plus lente et plus sélective que prévu.

Ce type de révision confirme une idée essentielle : le marché de l’or entre dans une phase plus exigeante. Les records du début d’année ne suffisent plus. Les investisseurs veulent désormais des confirmations concrètes : un dollar moins fort, des rendements plus bas, une Fed moins restrictive et une demande physique plus solide.

Analyse LCDOR

La semaine du 29 juin au 4 juillet 2026 apporte un signal encourageant après plusieurs semaines difficiles. Le ralentissement de l’emploi américain a rappelé que la Fed ne peut pas durcir indéfiniment sa politique si l’économie commence à faiblir. Pour l’or, c’est une donnée importante, car une détente des anticipations de taux réduit le coût d’opportunité de détenir un actif non rémunérateur.

Le premier enseignement est donc positif : l’or a montré qu’il pouvait rebondir rapidement dès que le dollar recule et que les paris sur une hausse de taux diminuent. Cela confirme que la pression actuelle n’est pas liée à une disparition du rôle patrimonial de l’or, mais à un contexte monétaire temporairement défavorable.

Le deuxième enseignement concerne les banques centrales. Les achats nets de mai rappellent que l’or conserve une place stratégique dans les réserves mondiales. Cette demande institutionnelle ne protège pas le marché de toutes les corrections, mais elle offre un soutien de fond important.

Le troisième point concerne l’argent. Sa progression en fin de semaine montre qu’il reste très sensible aux phases de détente monétaire. Mais sa volatilité impose une lecture plus prudente que pour l’or.

Pour LCDOR, cette phase de marché doit être abordée avec calme. L’achat d’or ne doit pas être réduit à une réaction aux variations hebdomadaires. Il s’inscrit dans une logique patrimoniale, de diversification et de protection contre les grands déséquilibres économiques.

La correction récente a rappelé que l’or peut connaître des phases difficiles, surtout lorsque le dollar et les taux américains montent. Mais les fondamentaux de long terme restent présents : dette élevée, achats de banques centrales, incertitudes géopolitiques, défiance partielle envers les devises et besoin de diversification. Dans ce contexte, le rebond de fin de semaine ne constitue pas encore un retournement confirmé, mais il montre que le marché reste attentif à tout signe de détente monétaire.

À propos de l’auteur

LCDOR - Achat Or en Ligne

Laurent Colas dispose d’une solide expérience dans les marchés financiers, le conseil en investissement et l’accompagnement patrimonial. Après sept années passées chez American Express à Londres comme conseiller financier, il a poursuivi son parcours pendant trois ans à Genève en tant que broker spécialisé dans les produits financiers.

Depuis deux ans et demi, il accompagne les investisseurs de LCDOR dans leurs réflexions autour de l’or, de l’argent et des métaux précieux d’investissement. Son profil financier lui permet d’apporter une lecture claire des dynamiques de marché, en reliant les évolutions des métaux précieux aux grands facteurs macroéconomiques : inflation, taux d’intérêt, dollar, politiques monétaires et tensions géopolitiques.

Formation et qualifications

Laurent Colas est diplômé d’un Mastère Spécialisé en finance de marché de l’ESCP Europe, école membre de la Conférence des Grandes Écoles et bénéficiant d’une triple accréditation internationale.

Domaines d’expertise

  • Conseil financier et accompagnement des investisseurs
  • Analyse des marchés financiers
  • Produits financiers et stratégies de placement
  • Lecture macroéconomique des marchés de l’or et de l’argent
  • Compréhension des facteurs influençant les métaux précieux d’investissement

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