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La Fed temporise, l’or respire : juillet met fin à quatre mois de baisse

Lingot d’or et lingot d’argent devant un bouton pause symbolisant la Fed et le recul du dollar sur les métaux précieux

La semaine du 26 juillet au 1er août 2026 a offert un changement de ton sur le marché des métaux précieux. Après plusieurs semaines dominées par le pétrole, les tensions au Moyen-Orient et les anticipations de hausse de taux, l’or a retrouvé un peu de soutien grâce à une combinaison plus favorable : recul du dollar, inflation américaine moins tendue et décision de la Réserve fédérale de maintenir ses taux inchangés.

Le mouvement reste fragile. L’or n’a pas franchement cassé ses résistances, et les investisseurs restent prudents face au discours encore ferme de la Fed. Mais le métal jaune a tout de même terminé juillet en hausse, mettant fin à une série de quatre mois consécutifs de baisse.

Le fait marquant de la semaine est donc clair : le marché ne parle pas encore d’un vrai retournement, mais d’une stabilisation. Pour suivre cette évolution, le cours de l’or doit être lu à travers trois variables principales : le dollar, les taux américains et les signaux d’inflation.

À retenir cette semaine

  • L’or a mis fin à quatre mois consécutifs de baisse.
  • La Fed a maintenu ses taux inchangés, sans clarifier totalement la suite.
  • Le dollar a reculé après la décision de la Fed et les chiffres d’inflation.
  • Le PCE américain de juin a montré un léger apaisement des prix.
  • L’argent a rebondi sur certaines séances, mais termine juillet en baisse.
  • Le World Gold Council confirme un soutien structurel des banques centrales.

Le pétrole a d’abord soulagé les marchés

La semaine a commencé avec une détente sur le front énergétique. Le 26 juillet, les marchés pétroliers ont reculé après la pause annoncée des attaques américaines contre l’Iran. Cette évolution a immédiatement réduit la pression sur le scénario inflationniste.

Depuis plusieurs mois, le pétrole joue un rôle décisif dans l’analyse de l’or. Lorsqu’il monte, les investisseurs anticipent une inflation plus durable. Cette inflation peut pousser la Fed à maintenir des taux élevés, voire à envisager une nouvelle hausse. Dans ce cas, l’or est pénalisé par la hausse des rendements et par le renforcement du dollar.

À l’inverse, lorsque le pétrole baisse, la chaîne de pression se relâche. Les marchés se disent que l’inflation pourrait ralentir, que la Fed pourrait se montrer moins agressive et que l’or pourrait retrouver un environnement plus favorable.

C’est ce mécanisme qui a soutenu les métaux précieux en début de semaine. Le marché n’a pas seulement réagi à une bonne nouvelle géopolitique. Il a surtout réagi à la possibilité d’une inflation énergétique moins forte.

La Fed a envoyé un signal de pause, mais pas de détente

Le rendez-vous central de la semaine était la réunion de la Réserve fédérale américaine. La Fed a maintenu ses taux inchangés, ce qui a d’abord été interprété comme une bonne nouvelle pour l’or.

Le métal jaune a progressé de près de 2 % après cette décision, soutenu par la baisse du dollar et des rendements américains. L’argent a lui aussi réagi positivement, avec une hausse plus marquée sur la séance.

Mais le message de la Fed n’a pas été totalement rassurant. Kevin Warsh a réaffirmé l’engagement de la banque centrale à ramener l’inflation vers son objectif. Le marché a donc compris une chose : la Fed marque une pause, mais elle ne renonce pas à sa posture restrictive.

C’est précisément ce qui empêche l’or de repartir franchement. Le maintien des taux est positif à court terme, mais l’absence de signal clair sur une future détente monétaire limite l’enthousiasme des investisseurs.

L’or reste donc dans un entre-deux : soutenu par la pause de la Fed, mais freiné par la possibilité d’un nouveau durcissement si l’inflation repart.

Le PCE américain a redonné de l’air à l’or

Le deuxième événement majeur est venu des chiffres d’inflation américaine. L’indice PCE de juin, très suivi par la Fed, a légèrement reculé. Cette donnée a été perçue comme rassurante, car elle suggère que la pression inflationniste pourrait se stabiliser.

Le dollar a immédiatement réagi à la baisse. Or, cette baisse du dollar est favorable à l’or, car le métal est coté en dollars sur les marchés internationaux. Quand le billet vert recule, l’or devient plus accessible pour les acheteurs utilisant d’autres devises.

Bart Melek, responsable de la stratégie matières premières chez TD Securities, a résumé la situation en expliquant que les chiffres d’inflation semblaient un peu meilleurs que prévu et rendaient l’environnement plus stable à court terme.

Mais l’analyste a aussi souligné une limite importante : cette amélioration pourrait être temporaire si les tensions au Moyen-Orient continuent de faire remonter les prix de l’énergie.

C’est toute la nuance de la semaine. Le PCE donne de l’air à l’or, mais il ne suffit pas encore à modifier durablement la trajectoire de la Fed.

Le seuil des 4 000 dollars reste la zone de référence

L’or a terminé la semaine au-dessus de la zone des 4 000 dollars, mais sans réussir à s’en éloigner franchement. Cette zone reste essentielle pour les investisseurs.

Depuis plusieurs semaines, le seuil des 4 000 dollars joue un rôle à la fois psychologique et technique. Lorsqu’il tient, le marché reprend confiance. Lorsqu’il est menacé, les ventes techniques réapparaissent rapidement.

Han Tan, analyste chez Bybit, a bien résumé cette situation en expliquant que l’or est en train de mettre fin à quatre mois de baisse, mais qu’il peine encore à creuser un écart durable au-dessus du seuil psychologique des 4 000 dollars.

Cette phrase illustre parfaitement la situation actuelle. Le marché a cessé de se détériorer, mais il n’a pas encore reconstruit une tendance haussière solide.

Pour retrouver plus d’élan, l’or aurait probablement besoin d’une combinaison plus nette : dollar plus faible, rendements américains en baisse, pétrole stabilisé et Fed moins restrictive.

Juillet se termine mieux, mais la prudence reste dominante

Le mois de juillet s’est finalement terminé sur une note plus encourageante pour l’or. Les contrats à terme ont enregistré une légère progression mensuelle, mettant fin à quatre mois consécutifs de baisse.

Ce signal est important, car il montre que les acheteurs reviennent progressivement lorsque les conditions monétaires se détendent. Toutefois, la hausse du mois reste limitée. Le marché ne parle pas encore d’une reprise puissante, mais plutôt d’une stabilisation après une correction importante.

Cette nuance est essentielle pour le lecteur LCDOR. L’or n’a pas effacé ses difficultés. Il reste sensible à la Fed, au dollar et aux rendements. Mais il a montré qu’il conservait une capacité de rebond dès que les anticipations de taux se détendent.

En clair, l’or ne manque pas d’arguments de fond. Ce qui lui manque encore, c’est un environnement monétaire réellement favorable.

L’argent rebondit, mais reste plus fragile

L’argent a suivi la même logique que l’or, avec une amplitude plus forte. Le cours de l’argent a progressé lors des séances favorables, notamment après la décision de la Fed et le recul du dollar.

Mais sur l’ensemble du mois de juillet, le métal blanc termine en baisse. Cela confirme une fois encore sa volatilité supérieure à celle de l’or.

L’argent reste un actif hybride. Il est à la fois un métal précieux, sensible aux taux et au dollar, et un métal industriel, exposé aux perspectives de croissance mondiale. Cette double nature lui donne un comportement plus nerveux.

Lorsque les marchés espèrent une détente monétaire, l’argent peut rebondir plus rapidement que l’or. Mais lorsque la Fed reste ferme ou que le dollar se renforce, il peut corriger plus brutalement.

Cette semaine, le métal blanc a profité du reflux du dollar, mais il n’a pas encore retrouvé une dynamique mensuelle positive.

Le World Gold Council rappelle la solidité du socle de demande

Au-delà des mouvements hebdomadaires, les données du World Gold Council publiées cette semaine apportent une lecture plus structurelle.

La demande mondiale d’or, incluant les transactions de gré à gré, est restée stable au deuxième trimestre à 1 269 tonnes. Sur l’ensemble du premier semestre, elle progresse légèrement, avec une valeur totale record. Cette donnée est importante : même dans un marché volatil, l’or conserve une place centrale dans les flux mondiaux.

Le WGC souligne aussi que les banques centrales ont fortement acheté au deuxième trimestre, avec près de 289 tonnes ajoutées à leurs réserves. C’est un soutien important, car ces achats traduisent une logique de diversification stratégique, souvent indépendante des variations hebdomadaires.

En revanche, les ETF adossés à l’or ont subi des sorties au deuxième trimestre, notamment en Amérique du Nord. Cela confirme que les investisseurs financiers de court terme restent prudents face au dollar fort, aux rendements élevés et aux anticipations de taux.

La lecture est donc contrastée : les flux tactiques restent fragiles, mais la demande institutionnelle de fond demeure solide.

Le marché physique reste sélectif

Le World Gold Council indique également que l’investissement en lingots et pièces est resté stable sur un an au deuxième trimestre. Après deux trimestres exceptionnellement solides, le marché revient à des niveaux plus habituels.

Ce point est intéressant pour LCDOR. Il montre que les acheteurs physiques ne disparaissent pas, même lorsque les prix corrigent. Ils deviennent simplement plus sélectifs.

La joaillerie, elle, reste pénalisée par des prix élevés et par des pressions d’inflation qui limitent le pouvoir d’achat. C’est logique : lorsque l’or atteint des niveaux historiquement élevés, les achats discrétionnaires ralentissent.

Mais pour l’or d’investissement, la logique est différente. Les acheteurs regardent moins l’esthétique que le rôle patrimonial du métal : diversification, conservation de valeur, indépendance vis-à-vis des émetteurs de dette et protection face aux déséquilibres monétaires.

C’est dans cette logique que l’achat d’or conserve son sens, à condition d’être pensé avec un horizon adapté et non comme une simple réaction à une variation hebdomadaire.

Analyse LCDOR

La semaine du 26 juillet au 1er août 2026 apporte un signal encourageant : l’or a cessé de s’enfoncer et parvient à terminer juillet en territoire positif après quatre mois de baisse. Ce n’est pas encore un retournement confirmé, mais c’est une respiration importante.

Le premier enseignement est que la Fed reste l’arbitre principal du marché. La pause sur les taux a soutenu l’or, mais le discours encore ferme de Kevin Warsh empêche les investisseurs d’anticiper une vraie détente monétaire.

Le deuxième enseignement concerne l’inflation. Le PCE plus faible a donné de l’air aux métaux précieux, mais les tensions énergétiques liées au Moyen-Orient peuvent rapidement raviver les craintes. L’or reste donc dépendant de la stabilité du pétrole.

Le troisième point concerne la demande de fond. Les données du World Gold Council rappellent que les banques centrales restent acheteuses et que l’investissement physique demeure présent. C’est un élément positif pour la lecture patrimoniale de l’or.

Pour LCDOR, cette séquence doit être interprétée avec calme. L’or reste sous contrainte à court terme, mais son rôle de diversification n’a pas disparu. La fin de la série de quatre mois de baisse montre que le marché reste attentif à tout signal de détente monétaire.

Dans les prochaines semaines, trois indicateurs seront déterminants : le dollar, les rendements américains et l’évolution du pétrole. Si ces trois variables deviennent plus favorables, l’or pourrait construire une base plus solide au-dessus des 4 000 dollars. À l’inverse, si la Fed durcit de nouveau son discours, la consolidation pourrait se prolonger.

L’essentiel est donc de ne pas confondre stabilisation et euphorie. L’or respire, mais il attend encore une confirmation.

Sources de l’analyse

 

À propos de l’auteur

LCDOR - Achat Or en Ligne

Laurent Colas dispose d’une solide expérience dans les marchés financiers, le conseil en investissement et l’accompagnement patrimonial. Après sept années passées chez American Express à Londres comme conseiller financier, il a poursuivi son parcours pendant trois ans à Genève en tant que broker spécialisé dans les produits financiers.

Depuis deux ans et demi, il accompagne les investisseurs de LCDOR dans leurs réflexions autour de l’or, de l’argent et des métaux précieux d’investissement. Son profil financier lui permet d’apporter une lecture claire des dynamiques de marché, en reliant les évolutions des métaux précieux aux grands facteurs macroéconomiques : inflation, taux d’intérêt, dollar, politiques monétaires et tensions géopolitiques.

Formation et qualifications

Laurent Colas est diplômé d’un Mastère Spécialisé en finance de marché de l’ESCP Europe, école membre de la Conférence des Grandes Écoles et bénéficiant d’une triple accréditation internationale.

Domaines d’expertise

  • Conseil financier et accompagnement des investisseurs
  • Analyse des marchés financiers
  • Produits financiers et stratégies de placement
  • Lecture macroéconomique des marchés de l’or et de l’argent
  • Compréhension des facteurs influençant les métaux précieux d’investissement

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