Cours Or

Le pétrole repart, la Fed inquiète : l’or cale malgré son rôle refuge

Chaîne métallique reliant le pétrole, l’inflation, les taux et le dollar à un lingot d’or et un lingot d’argent

La semaine du 5 au 11 juillet 2026 a rappelé que l’or ne réagit pas mécaniquement à la peur. Après un rebond lié au ralentissement de l’emploi américain, le métal jaune a de nouveau reculé sous la pression d’un facteur devenu central depuis plusieurs mois : la remontée du pétrole liée aux tensions entre les États-Unis et l’Iran.

Le marché a pourtant commencé la semaine dans une configuration plutôt favorable. Les chiffres de l’emploi américain avaient réduit les anticipations de hausse de taux et permis à l’or de revenir près d’un plus haut de deux semaines. Mais cette amélioration a rapidement été contrariée par le retour du risque géopolitique. La déclaration de Donald Trump affirmant que l’accord intérimaire avec l’Iran était « terminé » a ravivé la peur d’une nouvelle perturbation énergétique dans le Golfe.

Résultat : le pétrole est reparti à la hausse, les anticipations d’inflation ont remonté, et les marchés ont renforcé leurs paris sur une Fed plus restrictive. Pour suivre cette mécanique au quotidien, le cours de l’or reste un indicateur essentiel, mais il doit être lu avec trois filtres : pétrole, dollar et taux américains.

À retenir cette semaine

  • L’or a terminé la semaine en baisse d’environ 1,7 %.
  • Le pétrole a fortement progressé après la reprise des tensions entre les États-Unis et l’Iran.
  • Les marchés intègrent près de 69 % de probabilité d’une hausse de taux en septembre.
  • La Fed reste préoccupée par une inflation plus large et plus durable.
  • L’argent est repassé sous les 60 dollars l’once.
  • HSBC et Bank of America ont revu leurs prévisions d’or à court terme, tout en restant constructifs sur le long terme.

L’or a commencé la semaine sur une base plus favorable

Le début de semaine avait pourtant donné quelques signes positifs. L’or évoluait près d’un plus haut de deux semaines, soutenu par les chiffres d’emploi américain publiés la semaine précédente. Le ralentissement du marché du travail avait réduit les anticipations d’une hausse de taux rapide de la Fed.

Cette logique est classique. Lorsque l’emploi ralentit, la banque centrale dispose de moins de marge pour durcir sa politique. Un marché du travail moins robuste peut donc conduire les investisseurs à revoir à la baisse les anticipations de taux, ce qui soutient généralement les métaux précieux.

L’or avait donc bénéficié de ce soulagement. Mais ce soutien est resté limité, car le dollar s’est légèrement raffermi dès lundi, freinant la progression du métal jaune.

Le marché s’est alors retrouvé dans une position d’attente : d’un côté, des chiffres d’emploi moins solides ; de l’autre, une Fed toujours prudente et un environnement géopolitique encore fragile.

Le retour des tensions avec l’Iran a changé la lecture du marché

Le vrai tournant de la semaine est venu du Moyen-Orient. Lorsque Donald Trump a déclaré que l’accord intérimaire avec l’Iran était « terminé », les investisseurs ont immédiatement réévalué le risque sur le pétrole.

Les tensions ont rapidement pris une dimension plus concrète. L’Iran a revendiqué des attaques contre des infrastructures militaires américaines à Bahreïn et au Koweït, après des frappes américaines contre des cibles iraniennes. Cette séquence a relancé la peur d’une perturbation énergétique dans le Golfe et autour du détroit d’Ormuz.

Le pétrole a bondi de plus de 5 % sur certaines séances. Or, dans le marché actuel, une hausse du pétrole ne soutient pas automatiquement l’or. Elle peut au contraire le pénaliser à court terme.

Pourquoi ? Parce que les investisseurs interprètent la hausse de l’énergie comme une source d’inflation future. Et si l’inflation remonte, la Fed peut maintenir une politique restrictive plus longtemps, voire envisager une nouvelle hausse de taux.

David Meger, directeur du trading des métaux chez High Ridge Futures, a résumé cette tension en expliquant que la nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran avait fait baisser les actifs risqués, « gold included ».

Cette phrase illustre bien le paradoxe actuel : dans certaines phases de stress, l’or peut être vendu avec le reste du marché, surtout lorsque le choc géopolitique se transforme en choc inflationniste.

La Fed reste le véritable arbitre

La publication des minutes de la Fed a renforcé cette lecture. Les comptes rendus de la réunion de juin ont montré que plusieurs responsables monétaires étaient préoccupés par la persistance de l’inflation, et que certains voyaient même une raison de relever les taux immédiatement.

Ce point est essentiel pour comprendre la baisse de l’or. Le métal jaune est souvent considéré comme une protection contre l’inflation. Mais à court terme, si l’inflation pousse la Fed à monter ses taux, l’or peut souffrir. Il ne verse ni coupon, ni dividende. Lorsque les obligations américaines offrent un rendement élevé, certains investisseurs institutionnels arbitrent en faveur des actifs rémunérés.

Reuters indique que les marchés intégraient en fin de semaine environ 69 % de probabilité d’une hausse de taux en septembre. Ce chiffre est très significatif : il montre que les investisseurs ne parlent plus seulement d’un report des baisses de taux, mais bien d’un risque de nouveau durcissement monétaire.

Bart Melek, responsable de la stratégie matières premières chez TD Securities, a résumé la situation en expliquant que le marché s’inquiète surtout de l’inflation, « particularly since oil has rebounded ».

C’est toute la chaîne de transmission de la semaine : Iran, pétrole, inflation, Fed, dollar, puis or.

Le dollar limite les tentatives de rebond

Le dollar a aussi pesé sur les métaux précieux. Même lorsqu’il ne progresse que modérément, son niveau reste un frein pour l’or.

L’or est coté en dollars sur les marchés internationaux. Quand le billet vert se renforce, le métal devient plus cher pour les acheteurs utilisant d’autres devises. Cette mécanique réduit la demande potentielle et limite les rebonds.

Cette semaine, le dollar n’a pas seulement réagi aux données économiques. Il a aussi bénéficié de la montée des anticipations de taux. Plus le marché pense que la Fed peut encore relever ses taux, plus le dollar conserve un soutien.

C’est pourquoi l’or n’a pas réussi à transformer les achats opportunistes de jeudi en véritable retournement. Après une baisse marquée mercredi, le métal jaune a bien rebondi de plus de 1 % jeudi, soutenu par des achats à bon compte. Mais cette reprise est restée fragile, car le scénario monétaire n’a pas changé.

Bob Haberkorn, stratégiste chez StoneX, a bien résumé cette situation : « the main driver for gold is the Fed ».

En clair, le Moyen-Orient crée le choc, mais la Fed décide de son effet réel sur l’or.

L’argent reste plus vulnérable que l’or

L’argent a lui aussi subi la pression de la semaine. Le cours de l’argent est retombé sous les 60 dollars l’once lors des séances les plus tendues, avant de tenter un rebond.

Comme souvent, le métal blanc a amplifié les mouvements de l’or. Sa double nature explique cette volatilité. L’argent est à la fois un métal précieux et un métal industriel. Il réagit donc aux variables monétaires, comme l’or, mais aussi aux anticipations de croissance, à la demande solaire, à l’électronique et aux tensions sur l’approvisionnement.

Cette semaine, un autre facteur a attiré l’attention : l’Inde. Reuters rapporte que les restrictions indiennes sur les importations d’argent ont créé des pénuries sur le marché local, poussant les primes au plus haut depuis six mois malgré une demande plus faible qu’à l’habitude.

Ce signal est intéressant. Il montre que le marché de l’argent ne se résume pas au dollar et à la Fed. Des tensions physiques peuvent apparaître localement, même lorsque le prix international corrige. Cela renforce l’idée d’un marché plus nerveux, plus fragmenté et plus sensible aux flux physiques que l’or.

Les prévisions bancaires deviennent plus prudentes

Cette semaine a aussi été marquée par plusieurs révisions de prévisions. HSBC a abaissé ses estimations de prix moyen de l’or pour 2026 et 2027, en citant le virage plus restrictif de la Fed et la force du dollar. La banque anticipe désormais un prix moyen de 4 560 dollars en 2026, contre 4 864 dollars auparavant.

Bank of America a également réduit sa prévision moyenne pour 2026, évoquant une Fed plus hawkish. Mais ces révisions ne signifient pas que les grandes institutions abandonnent l’or.

HSBC souligne que plusieurs soutiens structurels restent en place : déficits budgétaires, incertitudes économiques, dette souveraine et diversification des réserves. La banque estime aussi que les baisses liées à l’Iran ne devraient pas nécessairement durer si elles ne s’accompagnent pas d’un durcissement monétaire prolongé.

Cette nuance est importante pour LCDOR. À court terme, les banques deviennent plus prudentes. À long terme, elles continuent de reconnaître le rôle de l’or comme actif de diversification.

Le World Gold Council appelle à une lecture par scénarios

Le World Gold Council adopte une approche proche. Dans son suivi hebdomadaire, l’organisation rappelle que l’or entre dans le second semestre après un premier semestre très mouvementé. Selon elle, dans un scénario de croissance modérée, d’inflation qui ralentit progressivement et de banques centrales seulement modérément restrictives, l’or pourrait évoluer dans une zone de consolidation.

Mais le WGC ajoute qu’un ralentissement économique plus marqué, une hausse des risques ou une politique monétaire moins restrictive pourraient redonner de l’élan au métal jaune.

Cette lecture est particulièrement utile. Elle montre que le marché n’est pas dans une logique binaire. Il ne s’agit pas de savoir si l’or « monte » ou « baisse » de façon automatique. Il s’agit de comprendre quel scénario macroéconomique devient dominant.

Si le pétrole reste élevé, que l’inflation persiste et que la Fed durcit encore, l’or peut rester sous pression. Si l’économie ralentit, que les rendements se détendent et que le dollar perd de la force, le métal jaune peut retrouver un environnement plus constructif.

Analyse LCDOR

La semaine du 5 au 11 juillet 2026 confirme que l’or reste pris dans une phase de transition. Le métal conserve son rôle patrimonial, mais le court terme reste dominé par la Fed, le dollar et les anticipations d’inflation.

Le premier enseignement est que la géopolitique n’agit plus directement sur le prix de l’or. Elle passe par le pétrole. Si une crise fait monter le brut, elle peut nourrir l’inflation, renforcer les anticipations de hausse de taux et peser sur le métal jaune. C’est exactement ce que le marché a observé cette semaine.

Le deuxième enseignement concerne la Fed. Tant que les marchés intègrent une probabilité élevée de hausse de taux, l’or reste confronté à un coût d’opportunité important. Cette pression est réelle, mais elle est liée à un environnement monétaire spécifique, pas à une disparition de l’intérêt pour l’or.

Le troisième point concerne l’argent. Sa correction rappelle sa volatilité, mais les tensions physiques observées en Inde montrent aussi que son marché reste structurellement sensible aux déséquilibres d’offre et de demande. Il peut donc réagir plus vite que l’or lorsque le sentiment de marché change.

Pour LCDOR, cette phase doit être lue avec méthode. L’achat d’or ne doit pas être pensé comme une réaction immédiate aux variations hebdomadaires, mais comme une décision patrimoniale inscrite dans le temps. Les corrections peuvent être difficiles à court terme, mais elles permettent aussi de rappeler les fondamentaux : l’or reste un actif de diversification, indépendant des émetteurs de dette, suivi par les banques centrales et sensible aux grands déséquilibres économiques.

Dans les prochaines semaines, les trois indicateurs à surveiller restent donc les mêmes : le pétrole, le dollar et les rendements américains. Ce sont eux qui diront si la faiblesse actuelle de l’or reste une consolidation de marché ou si une nouvelle phase de reprise peut se construire.

Sources de l’analyse

 

À propos de l’auteur

LCDOR - Achat Or en Ligne

Laurent Colas dispose d’une solide expérience dans les marchés financiers, le conseil en investissement et l’accompagnement patrimonial. Après sept années passées chez American Express à Londres comme conseiller financier, il a poursuivi son parcours pendant trois ans à Genève en tant que broker spécialisé dans les produits financiers.

Depuis deux ans et demi, il accompagne les investisseurs de LCDOR dans leurs réflexions autour de l’or, de l’argent et des métaux précieux d’investissement. Son profil financier lui permet d’apporter une lecture claire des dynamiques de marché, en reliant les évolutions des métaux précieux aux grands facteurs macroéconomiques : inflation, taux d’intérêt, dollar, politiques monétaires et tensions géopolitiques.

Formation et qualifications

Laurent Colas est diplômé d’un Mastère Spécialisé en finance de marché de l’ESCP Europe, école membre de la Conférence des Grandes Écoles et bénéficiant d’une triple accréditation internationale.

Domaines d’expertise

  • Conseil financier et accompagnement des investisseurs
  • Analyse des marchés financiers
  • Produits financiers et stratégies de placement
  • Lecture macroéconomique des marchés de l’or et de l’argent
  • Compréhension des facteurs influençant les métaux précieux d’investissement

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