Cours Or

Le pétrole au-dessus de 100 dollars a repris la main sur les métaux précieux

Salle de comité monétaire avec micros et écrans affichant la hausse des prix de l’énergie et une jauge d’inflation
Entre le 20 et le 26 avril 2026, le marché de l’or et de l’argent a surtout répondu à une logique simple : le choc énergétique a de nouveau dominé la lecture des investisseurs. Malgré le statut refuge de l’or, la semaine a d’abord été marquée par une baisse des cours, sous l’effet combiné d’un dollar plus ferme, de rendements américains en hausse et de craintes inflationnistes ravivées par le pétrole, sur fond de tensions persistantes autour de l’Iran. En fin de semaine, un peu de “bargain hunting” a soutenu les prix, mais sans suffire à effacer une semaine globalement négative pour le métal jaune.

À retenir cette semaine

  • L’or a touché un plus bas de plus d’une semaine en début de période.
  • Le pétrole au-dessus de 100 dollars a ravivé les craintes d’inflation.
  • Le dollar et les rendements américains ont pesé sur l’or et l’argent.
  • Le marché a suivi de près les discussions U.S.-Iran, sans vraie détente durable.
  • L’or a terminé la semaine sur une première baisse hebdomadaire en cinq semaines.
  • En Asie, les primes ont grimpé en Inde tandis que la demande chinoise est restée présente.

Dollar, rendements, Iran : la baisse a commencé par une mécanique très classique

Dès le 20 avril, Reuters signalait que l’or avait touché un plus bas d’une semaine après les menaces de représailles iraniennes liées à la saisie d’un navire par les États-Unis. Le point important n’était pas seulement géopolitique : cette séquence a aussi fait monter le dollar et le pétrole, deux éléments défavorables aux métaux précieux à court terme. Quand le billet vert se raffermit, l’or devient plus coûteux pour les acheteurs hors dollar. Et quand le pétrole grimpe, le marché redoute une inflation plus tenace, donc des taux élevés plus longtemps.

Le 21 avril, la pression s’est accentuée. Reuters rapportait une chute de plus de 2 % de l’or, avec un dollar en hausse, des rendements du Trésor américain en progression et une attente fébrile autour de possibles discussions U.S.-Iran. L’article mentionnait aussi l’audition de Kevin Warsh, nommé à la Fed, dont les propos sur la communication et le fonctionnement de la banque centrale étaient susceptibles d’ajouter de la volatilité.

Pour résumer simplement le mécanisme de la semaine :

  • pétrole plus haut = inflation plus inquiétante ;
  • inflation plus inquiétante = marché moins confiant sur les futures baisses de taux ;
  • moins de baisses de taux = soutien au dollar et aux rendements ;
    dollar et rendements plus élevés = pression sur l’or et l’argent.

Le pétrole a encore dicté la lecture de marché

Le vrai moteur de la semaine n’a donc pas été la seule géopolitique, mais la traduction inflationniste de la géopolitique. Le 23 avril, Reuters expliquait que l’or était retombé à un plus bas de plus d’une semaine, précisément parce que les investisseurs craignaient que les conséquences inflationnistes du conflit au Moyen-Orient maintiennent les taux à un niveau élevé plus longtemps. L’agence signalait aussi que l’Iran mettait en avant son contrôle du détroit, tandis qu’Israël évoquait de nouvelles attaques, avec un Brent repassé au-dessus de 100 dollars le baril.

Le World Gold Council a résumé cette logique dans son Weekly Markets Monitor du 20 avril. Selon le WGC, la semaine précédente avait été marquée par un peu de “light relief”, mais l’environnement restait dominé par la géopolitique, les tensions sur l’énergie et la question centrale de la politique monétaire. Le WGC relevait que les rendements américains, le dollar et le pétrole avaient reculé lors de la semaine précédente, ce qui avait temporairement aidé l’or, mais il rappelait surtout que la politique de la Fed restait dans le siège du conducteur pour le sentiment sur le marché.

C’est sans doute l’enseignement le plus utile pour ton lecteur LCDOR : en 2026, le marché ne regarde pas seulement si le conflit s’aggrave ou s’apaise. Il regarde surtout si cette aggravation fait monter le pétrole, et donc si elle modifie les anticipations de taux. Quand la réponse est oui, l’effet inflation domine souvent l’effet refuge à court terme.

Un peu de bargain hunting, mais pas un vrai retournement

La semaine n’a pas été uniquement baissière. Le 22 avril, Reuters notait que l’or rebondissait après avoir touché un plus bas de plus d’une semaine, porté par du bargain hunting. Ce type de mouvement est classique après une correction rapide : certains investisseurs estiment que la baisse va trop loin et rachètent sur faiblesse, même si le contexte de fond ne s’est pas franchement amélioré.

Le 24 avril, Reuters indiquait d’ailleurs que l’or remontait, mais qu’il se dirigeait quand même vers sa première baisse hebdomadaire en cinq semaines. L’agence insistait sur le fait que les craintes d’inflation, l’incertitude autour de la guerre U.S.-Iran et la perspective d’un pétrole, d’un dollar et de rendements orientés à la hausse sur la semaine limitaient clairement le potentiel de reprise.

Autrement dit, il y a bien eu un répit, mais pas de changement de régime. Le marché a surtout corrigé un excès de baisse en milieu de semaine, sans remettre en cause le diagnostic dominant : tant que l’énergie et les taux inquiètent, l’or reste plafonné.

L’argent reste plus nerveux, et l’Asie rappelle l’importance de la demande physique

Comme souvent, l’argent a montré un profil plus instable que l’or. Reuters soulignait le 30 mars déjà que sa volatilité avait été telle que l’Allemagne avait réduit la teneur en argent de certaines pièces de collection ; fin avril, le métal évoluait toujours dans un climat de forte nervosité, ce que confirme aussi la baisse plus marquée observée lors des séances de stress sur les métaux précieux.

Sur le terrain physique, la semaine a apporté un signal plus nuancé. Reuters rapportait le 24 avril que les primes en Inde avaient atteint leur plus haut niveau depuis plus de dix semaines en raison de tensions d’approvisionnement, tandis que l’intérêt repartait aussi en Chine. Les banques indiennes avaient même dû stopper temporairement certaines importations d’or et d’argent après un retard administratif, laissant des volumes bloqués en douane.

C’est un élément important pour l’analyse : si le prix spot reste piloté par le dollar, les taux et le pétrole, la demande physique n’a pas disparu. Elle réapparaît surtout lorsque les prix corrigent, ce qui contribue à éviter une dégradation encore plus profonde du marché.

Analyse LCDOR

Cette semaine du 20 au 26 avril 2026 confirme que le marché de l’or reste sous la domination d’un triptyque très clair : pétrole, dollar, politique monétaire. La guerre et les discussions U.S.-Iran sont importantes, mais elles agissent surtout à travers leur effet sur l’énergie et donc sur les anticipations d’inflation.

Le premier enseignement, c’est que la hausse du pétrole reste le facteur le plus déstabilisant pour les métaux précieux à court terme. Tant que le marché craint que cette énergie chère prolonge l’inflation, il repousse l’idée de baisses de taux rapides, ce qui soutient le dollar et pèse sur l’or.

Le deuxième, c’est que la correction de l’or n’a pas détruit le socle du marché. Le rebond sur bargain hunting et le retour d’une demande physique en Asie montrent qu’il existe toujours des acheteurs dès que les prix reculent trop vite. Cela ressemble davantage à une phase d’arbitrage sous tension qu’à un retournement structurel du récit sur l’or.

Enfin, le troisième point concerne l’argent : il reste le métal le plus réactif, plus exposé aux à-coups de sentiment et aux interrogations sur la croissance. Dans ce type de marché, il peut rebondir vite, mais aussi corriger plus brutalement que l’or.

Sources de l’analyse

Analyse rédigée par l’équipe LCDOR, spécialiste des métaux précieux depuis 2017

Cet article est rédigé à partir d’un suivi hebdomadaire des marchés de l’or, de l’argent et les facteurs macroéconomiques.

Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre informatif et analytique. Elles ne constituent pas un conseil en investissement.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *