Cours Or

Dollar ferme, liquidité réduite et détente géopolitique : les métaux ont “soufflé”… sans se rassurer

Calendrier macroéconomique américain avec CPI, emplois et Fed, écran USD Index et carte du monde en arrière-plan

Entre le 15 et le 21 février 2026, le marché des métaux précieux a donné une image très particulière : moins d’impulsion, mais toujours beaucoup de nervosité. L’or a alterné prises de bénéfices et rachats sur repli, dans une semaine marquée par trois moteurs très concrets : un dollar plus ferme par moments, des volumes de marché plus faibles (jours fériés / Lunar New Year), et un climat géopolitique changeant qui a parfois réduit la demande “refuge”, sans la faire disparaître.

Dollar et liquidité : pourquoi les mouvements ont été plus “secs” qu’en temps normal

Lundi 16 février, Reuters souligne une séance typique de marché “allégé” : fermetures (notamment Presidents Day aux États-Unis) et absence de certains acteurs asiatiques liés au Lunar New Year, avec un dollar plus ferme. Résultat : l’or recule nettement dans un environnement de thin trading (faibles volumes) où les variations se propagent plus vite.

Un point est essentiel pour la compréhension : à court terme, le dollar agit souvent comme une molette de réglage.

  • Dollar plus fort → l’or “coûte” plus cher pour les acheteurs hors dollar → pression baissière.
  • Dollar plus faible → effet inverse, soutien mécanique.

Dans cette séance, Reuters rapporte aussi l’idée de “range-trading” autour des niveaux repères : quand la liquidité baisse, le marché est plus sensible aux prises de profits, et les seuils deviennent des points d’attraction (ou de rejet).

Géopolitique : moins de “prime refuge” quand la diplomatie s’invite

Autre facteur très visible : la séquence géopolitique a envoyé des signaux contradictoires.

D’un côté, MarketWatch relève que des tensions (notamment États-Unis / Iran et des blocages sur le dossier Russie / Ukraine) ont pu soutenir la demande refuge par moments.

De l’autre, Barron’s rapporte que la perspective de discussions États-Unis / Iran (et des déclarations plus optimistes) a contribué à calmer une partie de la nervosité, ce qui a pesé sur l’or et l’argent lors de certaines séances.

La géopolitique n’agit pas toujours comme “moteur de hausse”. Elle agit souvent comme prime de risque :

  • quand la situation se tend → la prime augmente → soutien aux métaux,
  • quand la diplomatie progresse → la prime se réduit → respiration / consolidation.

Seuils psychologiques : 5 000 $ reste un repère, pas un pilote unique

Sur cette semaine, l’or a continué à évoluer autour de niveaux symboliques (les médias anglo-saxons ont beaucoup commenté le retour ou non au-dessus de 5 000 $). MarketWatch insiste sur une semaine “bumpy” (chahutée), où l’or repasse au-dessus d’un seuil tout en restant fragile sur l’ensemble hebdomadaire.

Ce genre de semaine illustre bien la différence entre :

  • le fond (macro, dollar, risque)
  • et la micro-dynamique (prises de profits, stops, algos, manque de liquidité)

Quand la liquidité est plus faible, il suffit de peu pour créer des accélérations… puis des retours tout aussi rapides. Le prix “teste” des niveaux, sans forcément trancher.

Argent métal : plus réactif, et parfois plus “directionnel” que l’or

Dans le même papier MarketWatch, l’argent apparaît plus solide sur la semaine, avec une progression plus nette que l’or dans la période évoquée.

C’est cohérent avec la nature de l’argent :

  • métal d’investissement (sentiment, flux)
  • et métal industriel (anticipations de cycle, activité)

Quand le marché s’apaise un peu, l’argent peut parfois rebondir plus vite ; quand le stress revient, il peut corriger plus fort. Cette amplitude est “normale” sur l’argent, surtout après de gros mouvements en janvier.

Banques centrales et attentes de taux : le socle macro qui ne disparaît pas

Même si la semaine est dominée par la liquidité et la géopolitique, le cadre macro reste déterminant.

Le World Gold Council souligne dans son Weekly Markets Monitor que le marché continue de naviguer entre plusieurs scénarios de baisses de taux en 2026, avec une distribution d’attentes qui bouge au gré des données. (L’idée importante pour le lecteur : ce n’est pas “les taux vont baisser” ou “ne vont pas baisser”, c’est à quel rythme et à quel moment.)

Et c’est précisément pour ça que l’or peut rester ferme même sans hausse spectaculaire : tant que l’environnement reste incertain (croissance, inflation, géopolitique, devises), l’or conserve sa place d’actif de diversification.

Analyse LCDOR

Cette semaine de février est une semaine “entre deux”, et c’est souvent là que le marché est le plus instructif.

La liquidité a compté autant que l’actualité

Reuters met en avant des volumes réduits (jours fériés / Lunar New Year) : dans ces conditions, les mouvements sont moins “propres”, plus rapides, et les prises de bénéfices pèsent davantage.

Le dollar a repris son rôle d’interrupteur

Un dollar plus ferme rend l’or mécaniquement moins favorable à court terme, surtout lorsque les acteurs sont moins nombreux à prendre l’autre côté du marché.

La géopolitique a joué en “prime variable”, pas en tendance

Les tensions soutiennent l’idée refuge, mais l’ouverture de discussions (États-Unis / Iran) a aussi réduit la demande de couverture sur certaines séances. C’est exactement le type de configuration qui produit une consolidation.

L’argent confirme sa sensibilité au sentiment

Quand le marché respire, il repart souvent plus vite que l’or ; quand il doute, il se replie plus fort. Cette semaine rappelle que l’argent est rarement “neutre” : il amplifie.

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