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Fed prudente, pétrole plus calme, dollar moins ferme : l’or a retrouvé un peu d’air

Bureau d’analyste en fin de journée avec écran de marché en rebond et carte énergétique du Golfe en arrière-plan

Entre le 27 avril et le 3 mai 2026, le marché des métaux précieux a changé de ton sans vraiment changer de décor. Après plusieurs séances sous pression, l’or a retrouvé un peu de soutien grâce à un dollar moins ferme, à des espoirs de reprise des discussions avec l’Iran et à une détente partielle du pétrole en fin de semaine. Mais ce rebond reste encadré : la Réserve fédérale a maintenu des taux inchangés avec un ton jugé toujours ferme, et le marché continue de regarder le conflit au Moyen-Orient avant tout à travers ses effets sur l’énergie et l’inflation.

À retenir cette semaine

  • La Fed a maintenu ses taux, sans ouvrir clairement la porte à une baisse rapide.
  • L’or a touché un plus bas d’un mois avant de rebondir en fin de semaine.
  • Le dollar et les rendements ont d’abord pesé sur les métaux précieux.
  • Les espoirs de négociations avec l’Iran ont aidé à calmer le pétrole et donc les craintes d’inflation.
  • La demande mondiale d’or au T1 2026 a progressé de 2 %, portée par les barres, les pièces et les achats de banques centrales.
  • L’argent a rebondi plus franchement que l’or en fin de semaine, soutenu par son déficit d’offre et la demande industrielle.

La Fed est restée au centre du jeu

Le point dominant de la semaine a été la décision de la Réserve fédérale américaine. Le 29 avril, Reuters indiquait que l’or était tombé à un plus bas d’environ un mois après le statu quo monétaire de la Fed. Le maintien des taux était attendu, mais le marché a retenu autre chose : le communiqué et l’environnement général n’ont pas donné de signal clair de détente rapide, alors même que l’inflation reste compliquée à ramener vers l’objectif. Reuters souligne aussi que la réunion a révélé des divergences inhabituelles au sein de la banque centrale, ce qui a renforcé l’idée d’une politique toujours prudente et peu pressée de baisser ses taux.

Pour l’or, le mécanisme reste classique. Tant que les investisseurs pensent que les taux vont rester élevés, le métal jaune est pénalisé par son statut d’actif non rémunérateur. Le World Gold Council l’avait d’ailleurs résumé dès son Weekly Markets Monitor du 27 avril : selon lui, les anticipations de taux restent le moteur principal du sentiment sur l’or, bien davantage que le simple bruit géopolitique. Le WGC expliquait aussi que la correction de la semaine précédente était largement liée au retour des craintes inflationnistes, lui-même nourri par les tensions persistantes sur les flux énergétiques.

Le pétrole reste la vraie traduction de la crise iranienne

Comme sur les semaines précédentes, le marché n’a pas tant “acheté la guerre” qu’il n’a évalué ses conséquences sur le pétrole. Le 27 avril, Reuters écrivait clairement que l’absence de progrès diplomatique pour mettre fin à la guerre impliquant l’Iran maintenait les prix du pétrole élevés et donc les craintes d’inflation. Cette lecture a pesé immédiatement sur l’or. Le 28 avril, Reuters ajoutait que le métal jaune tombait près d’un plus bas de quatre semaines alors que les discussions patinaient et que les investisseurs attendaient à la fois la Fed et une clarification sur le dossier iranien.

C’est ce point qui structure toute la semaine :

  • tensions géopolitiques persistantes,
  • pétrole élevé,
  • inflation plus difficile à calmer,
  • banque centrale moins encline à assouplir vite,
  • pression sur l’or via le dollar et les rendements.

Reuters l’expliquait encore le 1er mai en sens inverse : quand les prix du pétrole ont commencé à refluer à la faveur d’un nouvel espoir de négociation transmis par Téhéran, l’or a réussi à repasser dans le vert. En d’autres termes, ce n’est pas seulement la paix potentielle qui a aidé l’or, mais surtout la détente inflationniste implicite liée à un brut un peu moins tendu.

Le dollar s’est détendu, et cela a suffi à relancer le métal jaune

La fin de semaine a montré à quel point le dollar reste l’interrupteur de court terme du marché de l’or. Reuters rapporte que le 1er mai, le métal jaune a inversé une baisse intraday de plus de 1 % pour terminer légèrement positif. Cette amélioration s’est appuyée sur deux éléments : un dollar plus souple et l’idée que des discussions avec l’Iran pourraient réduire un peu la pression sur l’énergie. Reuters note aussi que, malgré ce rebond, l’or affichait tout de même une baisse hebdomadaire de 1,7 %, signe qu’il s’agissait davantage d’un répit que d’un vrai retournement.

Cette respiration a été particulièrement visible sur l’argent. Toujours selon Reuters, l’argent a gagné 3 % le 1er mai, à 75,91 dollars l’once. Le mouvement a été plus ample que sur l’or, ce qui est logique dans un marché où le métal blanc réagit souvent plus fort à l’amélioration du sentiment. Reuters rappelle d’ailleurs que l’argent bénéficie toujours d’un déficit d’offre annuel et d’une demande robuste liée à l’investissement et au solaire, ce qui renforce sa sensibilité lors des phases de rebond.

Les chiffres du World Gold Council ont rappelé que la demande de fond reste bien là

Au-delà des mouvements de marché au jour le jour, la semaine a aussi été marquée par la publication des données du World Gold Council sur le premier trimestre 2026. Reuters et le WGC convergent : la demande mondiale d’or a progressé de 2 % sur un an pour atteindre environ 1 231 tonnes, soutenue par les achats de barres et pièces ainsi que par les achats des banques centrales. En revanche, la joaillerie a reculé, pénalisée par des prix historiquement élevés.

Le message est intéressant pour un lecteur LCDOR. À court terme, l’or reste très dépendant des arbitrages macro — pétrole, Fed, dollar. Mais à plus moyen terme, la demande d’investissement physique et institutionnelle continue d’offrir un socle. Le WGC souligne même que la valeur totale de la demande trimestrielle a atteint un record, à 193 milliards de dollars, grâce à la hausse des prix et à la solidité des achats d’investissement. Cela ne protège pas le marché des corrections hebdomadaires, mais cela montre que le récit de fond n’a pas disparu.

L’Asie a envoyé des signaux contrastés, mais pas baissiers

Sur le terrain physique, Reuters a aussi relevé des signaux divergents entre l’Inde et la Chine à la fin avril. En Inde, la demande s’est un peu tassée après Akshaya Tritiya, avec des primes revenues à des niveaux plus modérés. En Chine, au contraire, les primes ont remonté avant les congés de la fête du Travail, portées par le stockage, les achats refuge et certaines contraintes d’importation. Cela montre qu’en dépit de la volatilité de marché, la demande physique reste sélective mais présente.

Analyse LCDOR

La semaine du 27 avril au 3 mai 2026 confirme une idée devenue centrale depuis plusieurs semaines : le marché de l’or ne réagit plus à la géopolitique de manière automatique, mais à sa traduction monétaire et énergétique. Tant que le conflit avec l’Iran fait surtout monter le pétrole, il alimente l’inflation et pèse sur les espoirs de baisse de taux. C’est ce qui a maintenu la pression en début de semaine.

Le deuxième enseignement, c’est que la Fed reste le pilote principal. Le WGC l’écrivait noir sur blanc le 27 avril : la politique monétaire américaine reste “in the driver’s seat”. La décision de la Fed n’a pas créé de choc majeur, mais elle a entretenu un environnement dans lequel l’or ne peut rebondir franchement que si le dollar se replie ou si les anticipations de détente monétaire reviennent. C’est exactement ce qui s’est produit en fin de semaine avec le reflux du billet vert et les espoirs de négociation.

Enfin, le troisième point à retenir est que la demande de fond reste solide. Les statistiques du World Gold Council sur le premier trimestre rappellent que les investisseurs, les banques centrales et les acheteurs de barres et pièces n’ont pas déserté le marché. Cela donne du relief à la semaine : le rebond observé n’est pas seulement technique, il s’inscrit aussi dans un marché qui conserve un socle structurel, même si le court terme reste entièrement dominé par le pétrole, le dollar et la Fed.

Sources de l’analyse

 

Analyse rédigée par l’équipe LCDOR, spécialiste des métaux précieux depuis 2017

Cet article est rédigé à partir d’un suivi hebdomadaire des marchés de l’or, de l’argent et les facteurs macroéconomiques.

Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre informatif et analytique. Elles ne constituent pas un conseil en investissement.

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