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Le dollar a enfin desserré l’étau : l’or et l’argent ont retrouvé de l’élan

Salle de briefing géopolitique avec carte numérique du Golfe au mur et tablette affichant une courbe de marché en légère hausse

Entre le 4 et le 9 mai 2026, les métaux précieux ont clairement changé de rythme. Après plusieurs semaines dominées par le pétrole, l’inflation importée et la prudence des banques centrales, le marché a enfin bénéficié d’un dollar plus faible et d’un reflux partiel des craintes inflationnistes lié à l’idée d’un possible accord avec l’Iran. Résultat : l’or a enchaîné les séances de hausse et s’est dirigé vers une progression hebdomadaire d’environ 2,3 %, tandis que l’argent a rebondi plus franchement encore.

Le fait marquant de la semaine tient dans ce basculement de lecture : pendant plusieurs jours, le marché a moins regardé la guerre comme un facteur de hausse du pétrole que comme un dossier susceptible, en cas de détente, de soulager le brut, calmer l’inflation et redonner de l’air aux métaux précieux. Reuters résume bien cette logique le 7 mai en expliquant que l’optimisme autour d’un potentiel accord U.S.-Iran réduisait les craintes d’inflation et d’une période prolongée de taux élevés.

À retenir cette semaine

  • L’or a rebondi avec la baisse du dollar et l’espoir d’un accord U.S.-Iran.
  • Le marché a commencé à croire à un apaisement des tensions inflationnistes liées au pétrole.
  • L’or a terminé la semaine sur une hausse d’environ 2,3 %.
  • Le World Gold Council rappelle que la demande d’investissement reste solide, portée par les barres, pièces et achats de banques centrales.
  • En Chine, la consommation d’or a progressé au T1 malgré un recul de la production.
  • L’argent a profité du rebond général, avec une amplitude plus forte que l’or.

Le dollar a repris son rôle d’interrupteur de court terme

Le premier moteur de la semaine a été le change. Le 6 mai, Reuters indiquait que l’or avait bondi à un plus haut de plus d’une semaine, aidé par un dollar en baisse de 0,4 %, ce qui rend mécaniquement les métaux libellés en dollars plus accessibles pour les acheteurs hors zone dollar. Spot gold gagnait alors environ 2,8 %, et les contrats à terme américains progressaient au même rythme.

Ce point est fondamental pour lire le marché de l’or : à court terme, le métal jaune ne réagit pas seulement aux grands récits géopolitiques. Il est aussi extrêmement sensible au niveau du dollar. Quand le billet vert se replie, l’or reprend souvent de la hauteur, même sans rupture majeure sur le fond. C’est exactement ce qui s’est passé cette semaine. Reuters le confirmait aussi le 8 mai : l’or “drifted higher” et restait en voie de gain hebdomadaire grâce à un environnement de change plus favorable.

Cette dynamique a d’ailleurs été cohérente avec le contexte plus large des marchés. Dans son billet Trading Day du 5 mai, Reuters notait déjà un contraste intéressant : oil -4 %, gold +1 %, signe que le marché commençait à arbitrer vers un scénario moins pénalisant pour les métaux précieux.

Iran et pétrole : la détente géopolitique a surtout été lue comme une détente inflationniste

Le deuxième moteur de la semaine a été le dossier iranien. Reuters a répété à plusieurs reprises que l’optimisme autour d’un possible accord ou de discussions de paix avec l’Iran contribuait à réduire les inquiétudes sur l’inflation et sur la nécessité de garder des taux très élevés longtemps. Le 7 mai, l’agence écrivait explicitement que l’or progressait sur cet optimisme, même si un report indiquait que Téhéran refusait encore la réouverture du détroit d’Ormuz, ce qui limitait les gains.

Le 8 mai, même logique : Reuters expliquait que l’or avançait à nouveau, cette fois avec un marché plus confiant dans la perspective d’une désescalade, ce qui aidait à apaiser les craintes sur l’énergie. Là encore, l’idée essentielle est que le marché ne s’est pas contenté de “jouer la paix”. Il a surtout arbitré la perspective d’un pétrole moins tendu, donc d’une inflation potentiellement moins collante.

C’est exactement la grille de lecture qu’il fallait surveiller après tout le mois d’avril : tant que le conflit avec l’Iran se traduisait par un brut élevé, l’or était pénalisé par les anticipations de taux. Cette semaine, le raisonnement s’est inversé. Le soulagement sur le pétrole a commencé à soutenir l’or, non pas parce que le risque géopolitique disparaissait complètement, mais parce que le marché voyait une chance de desserrement inflationniste.

Le socle de demande reste solide, même après les secousses

Au-delà des fluctuations quotidiennes, le World Gold Council a fourni cette semaine un rappel utile sur les fondamentaux. Dans son Weekly Markets Monitor – Bars trump bracelets, le WGC souligne que la demande mondiale d’or, OTC inclus, a progressé de 2 % sur un an à 1 231 tonnes au T1 2026, tandis que sa valeur totale a bondi de 74 % pour atteindre un record d’environ 193 milliards de dollars. L’organisation insiste aussi sur le rôle majeur de l’investissement, qui a compensé la faiblesse de la fabrication, et sur le maintien d’un appétit élevé des banques centrales.

Pour LCDOR, ce point est important : même quand l’or corrige ou traverse des semaines difficiles, le socle du marché ne disparaît pas. Les flux d’investissement physique, les achats institutionnels et la diversification des réserves continuent de jouer un rôle stabilisateur à moyen terme. La semaine du 4 au 9 mai illustre bien cette idée : le rebond observé n’est pas seulement un phénomène technique, il s’inscrit dans un marché dont la demande de fond reste solide.

La Chine a envoyé un signal complémentaire. Reuters rapportait le 9 mai que la production aurifère chinoise avait reculé au premier trimestre, en partie à cause d’inspections de sécurité ayant interrompu certaines opérations, tandis que la consommation d’or augmentait sur la même période. Cela suggère que, dans l’un des plus grands marchés mondiaux, la demande reste bien présente malgré les perturbations côté offre.

L’argent a profité du rebond, avec son amplitude habituelle

Comme souvent, l’argent a réagi plus fort que l’or. Reuters n’insiste pas autant sur les chiffres absolus de l’argent cette semaine que sur la dynamique d’ensemble, mais le schéma reste lisible : quand le dollar recule et que les craintes sur les taux se détendent un peu, l’argent amplifie le mouvement observé sur l’or. Cela tient à sa nature double : métal d’investissement, mais aussi métal industriel, donc plus sensible au sentiment de marché et aux anticipations de reprise.

C’est un rappel utile : dans une phase d’apaisement, l’argent peut rattraper plus vite ; dans une phase de stress, il corrige souvent plus brutalement. Cette semaine l’a replacé dans le bon sens du marché, sans effacer pour autant sa volatilité structurelle.

Analyse LCDOR

Cette semaine du 4 au 9 mai 2026 montre que le marché des métaux précieux reste piloté par un arbitrage simple : qu’est-ce qui soulage ou aggrave les anticipations d’inflation et de taux ? Pendant plusieurs semaines, la réponse était claire : le pétrole plus cher et le dollar plus fort pesaient sur l’or. Cette fois, le marché a vu l’inverse : le recul du dollar et l’espoir d’une détente avec l’Iran ont donné un peu d’air aux métaux. Le premier enseignement, c’est donc que le dollar reste l’interrupteur de court terme. Quand il faiblit, l’or repart ; quand il se tend, il bloque les métaux, même en présence d’un bruit géopolitique élevé. Cette semaine, c’est clairement la baisse du billet vert qui a permis le rebond.

Le deuxième enseignement, c’est que la géopolitique compte surtout par sa traduction énergétique. Les investisseurs n’ont pas acheté la seule idée de paix ; ils ont acheté l’idée qu’un accord U.S.-Iran pourrait calmer le pétrole, donc l’inflation, donc la pression sur les taux. C’est plus fin qu’un simple réflexe refuge, et c’est aujourd’hui la meilleure manière de lire le marché. Enfin, le troisième point, c’est que le socle structurel du marché de l’or demeure robuste.

Le World Gold Council rappelle que l’investissement et les achats de banques centrales restent élevés, et les données chinoises montrent une consommation qui continue de progresser malgré des contraintes de production. Cela n’empêche pas les à-coups hebdomadaires, mais cela donne du sens au rebond observé cette semaine.

Sources de l’analyse

À propos de l’auteur

Antoine Bernard Expert en Métaux Précieux - LCDOR

Antoine Bernard est expert en métaux précieux à La Centrale de l’Or depuis 2017. Spécialisé dans l’authentification des pièces d’or françaises et l’évaluation numismatique, il accompagne au quotidien les particuliers et professionnels dans leurs projets d’achat et de revente d’or d’investissement.

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Antoine Bernard est expert en métaux précieux à La Centrale de l'Or depuis 2017. Spécialisé dans l'authentification des pièces d'or françaises et l'évaluation numismatique, il accompagne au quotidien les particuliers et professionnels dans leurs projets d'achat et de revente d'or d'investissement. Formation et qualifications 10 années d'expérience dans le négoce de métaux précieux Domaines d'expertise Conseil en investissement or pour particuliers Authentification des pièces d'or Évaluation numismatique (variantes, millésimes, qualités) Contact direct 03 89 46 57 94  contact@lcdor.fr  50 rue de la Sinne, 68100 Mulhouse

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